Samantha, 50 ans

Ayant subi une glottoplastie de Wendler

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

J’ai commencé ma transition quand j’avais 42 ans et aujourd’hui j’en ai 50. Mon opération (glottoplastie) a eu lieu en 2014 au Luxembourg par le docteur R. J’ai été une des seules à avoir la chance d’avoir un remboursement sur cette opération. Plusieurs personnes ont tenté après d’avoir cette même opération mais n’ont pas pu se faire rembourser par les mutuelles donc elles se sont rabattues sur des médecins en Belgique. Le souci qu’on rencontre actuellement dans la transidentité, c’est que c’est devenu un business. Des médecins qui s’occupaient d’opérations complètement différentes se sont lancés dans toutes les opérations touchant de près à la transidentité. Même moi, ayant été chez LA personne de référence, ma voix n’est quand même pas très féminine. Ce n’est pas une réussite totale, avec une difficulté supplémentaire étant que j’ai perdu en intensité. Je ne sais plus crier, je n’ai plus de puissance dans la voix. Le résultat n’est pas sensationnel. Apparemment, ils rencontrent des problèmes car quelques mois par la suite, j’ai reçu un questionnaire concernant les résultats par rapport à l’opération. En fonction des questions, je me suis vite rendue compte que c’était récurent qu’ils envoient des questionnaires pour cibler les problèmes que nous rencontrons : qu’au téléphone on nous dise encore régulièrement « monsieur », qu’on ait perdu de la puissance, qu’on ne soit pas totalement féminisée. Je pense qu’ils se rendent compte que ce n’est pas encore la formule la plus performante. Maintenant, peu de personnes trans font une opération de la voix. En général, elles passent par de la logopédie ou continuent de parler de manière classique sans opération alors que ça peut avoir un impact important sur les commodités de la vie courante.

Vous n’avez jamais eu de logopédie, même avant l’opération ?

Non. Il y a certes un peu de changement quand même, il n’y a pas que du négatif mais ce n’est pas le résultat escompté. Aujourd’hui, il y a peu de choses proposées à part à la logopédie et la chirurgie. En France, une fois qu’on est considéré comme une personne transgenre, on a le droit à beaucoup de remboursement, ce qui n’est pas le cas pour nous en Belgique. Je pense que c’est pour cette raison que peu de gens font cette opération de la voix en Belgique car elle n’est pas remboursée. C’est un certain coût.

Savez-vous combien vous avez gagné de Hertz grâce à l’opération ?

Non, je n’ai jamais eu l’information. Mais il y a une raison particulière. Quand j’y suis retournée pour situer les problèmes à la consultation postopératoire, le prix était de 350€ pour 10 minutes. Je pensais que c’était une erreur mais en tant qu’étranger, j’étais considérée comme une personne hospitalisée. La première consultation coutait déjà 200€. Donc je n’y suis plus retournée. J’avoue ne pas avoir fait la consultation postopératoire 6 mois après. Le coût de l’opération n’était pas très élevé, environ 3000€, ce qui est un budget mais qui est abordable comparé à certaines opérations.

Le chirurgien ne vous a jamais conseillé la logopédie que ce soit avant ou après l’opération ?

Non, jamais. La seule chose compliquée était qu’il ne fallait pas parler pendant 3 semaines. C’était quasiment impossible à faire, surtout ayant des enfants. Ainsi, ça complique les choses. Dès le moment où vous arrivez à ne pas parler, à ne pas forcer sur la voix,  vous avez sans doute un résultat un peu mieux que le mien car j’avais à l’époque des enfants en bas-âge donc ça n’a pas aidé à avoir la tranquillité qu’il aurait fallu. Mais je connais peu de résultats où les gens sont enchantés. Je n’ai pas beaucoup de retours de gens trouvant que ça vaut la peine de le faire. Ces opérations sont peu connues. La plupart des personnes passent par la méthode plus douce que l’opération. Même si le chirurgien ne parle pas des risques après, moi je n’ai plus du tout de puissance. Ca peut poser problème en société, je dois forcer sinon on ne m’entend pas. En voiture, les vitres ouvertes, la personne à côté ne m’entend pas. Du coup, on force sur la voix et elle devient plus masculine. Du coup, on n’a rien gagné, on est vite fatigué et on a mal.