Gabrielle, 30 ans

Personne en cours de féminisation
vocale avec la méthode Astudillo

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 30 ans et ma transition a débuté il y a un an et demi. Au bout de quelques mois quand mon apparence physique a commencé à changer, je me suis rendue compte que ma voix allait être problématique et qu’elle ne correspondait plus du tout à mon apparence physique. Donc forcément, quand j’allais interagir avec les gens, ils n’allaient pas me percevoir comme je le voulais. C’est là que je me suis posée la question, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose et j’ai commencé à me renseigner.

Je me suis d’abord renseigné sur les interventions chirurgicales mais j’ai vite refusé la chose, car mon but dans ma transition, c’est d’éviter un maximum de chirurgies car ce n’était pas dans mon idée. Puis, petit à petit, en discutant avec des personnes transgenres sur un groupe d’entraide sur Facebook, j’ai rencontré une personne qui avait travaillé avec Mariela Astudillo donc je lui ai posé des questions et j’ai vu les résultats car on s’envoyait des messages vocaux. C’est à partir de là que j’ai contacté Mariela Astudillo et que je me suis rendue compte qu’il y avait la possibilité de changer ma voix et de ne pas intervenir avec la chirurgie.

Avez-vous fini votre rééducation et comment s’est-elle passée ?

J’ai quasiment fini, il me reste quelques séances. C’est beaucoup de travail, j’ai commencé mi mars. On a appris à faire connaissance, elle a étudié ma voix et elle a essayé de voir vers quelle voix je voulais aller. Par le biais de pleins d’exercices qu’elle m’a fait faire, à chaque séance elle me donnait des exercices et c’est à moi, à la maison, de les faire quotidiennement. Je faisais des messages vocaux et je lui envoyais. C’est un investissement personnel. C’est vrai que je n’ai pas forcément été assidue car il y a le quotidien qui entre en jeu et on a toujours plein de trucs à faire. Mais quand je vois qu’avec un minimum de travail j’ai réussi à obtenir des résultats, une patiente qui aura du temps à consacrer obtiendra de meilleurs résultats que moi. Moi j’y travaille encore et je sais que quand Mariela sera sortie de ma vie et que je ne la verrai plus chaque semaine, ses exercices resteront.

D’une manière générale, elle travaille beaucoup sur les automatismes et la façon de gérer nos aigus et c’est à nous ensuite de le pratiquer le plus possible. Chaque patiente aura son envie et c’est une question de personnalité. Au début j’étais partie sur une autre voix, complètement différente. J’avais un objectif différent et au fur et à mesure des séances, je me suis rendue compte que je n’allais pas être capable d’obtenir la voix que je voulais. Et je me suis rendue compte aussi qu’avec le travail que je faisais j’allais obtenir une voix qui me correspondait beaucoup plus et qui était plus naturelle. Le résultat que j’ai obtenu me va très bien.

Aujourd’hui êtes-vous satisfaite de votre voix ?

Oui, je suis assez contente car c’est plus facile au quotidien aujourd’hui. Je me rends compte que quand j’interagis avec quelqu’un maintenant, je le fais avec plaisir. Il y a quelques mois, quand je devais interagir avec quelqu’un, je parlais très bas, je n’osais pas ouvrir la bouche de peur d’être jugée. Je n’ai pas forcément une voix très aiguë mais plus féminisée qu’avant, et c’est quelque chose qui me correspond.